A la fin du billet précédent, je notais que le caractère impératif de l’innovation dans les territoires préoccupe un panel de plus en plus large d’acteurs. Encore faut il s’entendre sur ce que chacun place derrière cette préoccupation. Car, si en étant conscient des grands défis planétaires, présents et à venir,  le “pourquoi” innover dans les territoires n’est pas trop difficile à appréhender, le “comment”, par contre,  reste à formuler et à structurer.

Comme indiqué dans l’éditorial de ce blog, l’année 2016 est particulièrement propice pour multiplier les opportunités d’une réflexion collective concernant les stratégies territoriales à venir.
En répondant présent aux journées thématiques des états généraux de l’économie et de l’emploi de la Région Centre Val de Loire, les acteurs intègrent un dispositif de participation dont on ne peut réduire l’évaluation de la qualité uniquement aux six journées de contribution en présentiel. De nombreux autres outils favorisant la participation des acteurs sont à activer jusqu’à l’automne (1ère conférence régionale de l’ESS) et ensuite lorsqu’il s’agira de mettre en oeuvre ce qui aura été élaboré.

En m’inspirant du cadre de la recherche 1  initiée par Colporterre, voici ce que j’ai choisi de retenir de la journée de Déols qui était consacrée à l’Economie sociale et solidaire.

Tout d’abord, suffisamment de propos appelant à une co-analyse des problématiques ainsi que l’invitation à une co-écriture du SRDEII – “Ecrivons ensemble, c’est notre volonté a indiqué F.Bonneau” – nous invitent à établir en co-responsabilité 2,  avec les acteurs de la RCVL, le cadre opératoire de sa future socio-économie. Faisons en sorte qu’elle soit créatrice de territoires contributifs 3 et socialement responsables.4

Dans l’atelier “L’ESS moteur d’une innovation singulière ?”,  les propositions de coopération en réseaux des acteurs de terrain (réseaux et porteurs d’initiatives) avec la collectivité régionale ainsi que la volonté de travailler avec les laboratoires de recherche scientifique sont allés dans le sens de ma proposition de s’inspirer du modèle de dynamiques de transferts de pratiques solidaires et d’innovation sociale de l’Institut J.B. Godin.

Les modèles hybrides, type PTCE, ont aussi été mentionnés, ainsi que les dynamiques de tiers lieux 5 6, les problématiques d’essaimage et de changement d’échelle 7 et le recours plus soutenu au numérique avec, en toile de fond, la préoccupation de s’intéresser à la façon de créer du lien avec les “NTIC”.

Dans nos recours au numérique, il faudra veiller a ce que cela ne soit pas convoqué comme la “baguette magique” de tous les projets 8. Il nous faudra également éviter de pointer la fracture numérique comme étant uniquement le problème de certaines populations car, finalement, nous sommes tous en apprentissage de ce monde en émergence. (Voir plus bas le MOOC : “Sociologie du web : Civilisation 2.0 et intelligence collective”)

Au final, ce que je retiens, c’est que si la volonté de co-produire de nouveaux outils  est bien réelle, à cette étape, les capacités collectives pour le faire dans une recherche d’impact collectif d’ampleur restent à confirmer. Nous sommes appelés à un tel changement de paradigme que pour stimuler l’innovation territoriale, il y aura besoin de renouveler profondément les processus collaboratifs sources des cultures pratiques de coopération.

Sans oublier, les enjeux pour l’acteur public lui même et l’impératif d’innovation publique :

Un extrait : La transition questionne les méthodes d’apprentisssage et leurs finalités : sens de l’action, manière de conduire l’action, de quoi va être faite l’action. Il s’agit de dé-construire un savoir pour se réapproprier un sens partagé de l’intérêt général et y accoler des enjeux qui ont trait aux savoir faire mais aussi aux savoirs êtres, postures qui sont interrogés aujourd’hui dans le quotidien des agents : décloisonnement des services, relations à la population, etc…

Pour rester dans les enjeux de formation liés au sujet de la transition, à partir du 9 mai, Pierre Calame propose un MOOC sur la gouvernance territoriale sur la plateforme FUN :


FUN MOOC : La gouvernance territoriale par fr-universite-numerique

A noter également et à mettre en lien avec la journée thématique consacrée au numérique du 11 mai prochain à MAME, le MOOC “Sociologie du web : Civilisation 2.0 et intelligence collective”

Pour vous inscrire

Sur le thème du numérique, j’ai rejoint un groupe de travail qui a choisi de contribuer sous l’angle “Réseaux : Coopération, échanges, partage : la transformation numérique a-t-elle besoin de communautés ?” et qui déposera sa contribution d’ici le 30 juin sur le site des états généraux de l’économie et de l’emploi.

Notes

  1. Les dynamiques territoriales de l’innovation sociale : contexte et objectifs de la recherche
  2. Bien-être, coresponsabilité, développement durable des territoires
  3. Cercle territoires contributifs sur démocratie ouverte
  4. Compte rendu de la journée Responsabilité sociale des territoires
  5. Penser ensemble les sytèmes de lieux partagés de demain
  6. Movilab : le patrimoine informationnel commun des tiers Lieux libres et Open Source
  7. Rapport Ensemble, accélérons
  8. Pour tout résoudre cliquez ici : l’aberration du solutionnisme technologique