Avant d’aller plus loin, ce billet présente des éléments qui ont éveillé,  précisé puis cadré mon intérêt pour le sujet de l’innovation sociale, organisationnelle, territoriale.

C’est parti d’une inquiétude concernant les capacités de résilience des territoires :

Est ce que les organisations et les institutions de nos communautés ont les ressources et les capacités nécessaires pour contribuer aux solutions ? Comment peut on batir leurs capacités ? (Promotion de la santé et transformation sociale)

Ensuite, un extrait d’Intelligence collective, la révolution invisible de JF Noubel a attiré mon attention :

Les grands enjeux de l’humanité ne sont pas la faim, la pauvreté, le développement durable, la paix, la santé, l’éducation, l’économie, les ressources naturelles… mais notre capacité à élaborer de nouvelles organisations capables de les résoudre.
Notre enjeu principal est l’intelligence collective en tant que capacité, pour un groupe d’individus, à formuler son futur et à y parvenir dans un contexte complexe.»

Puis une citation de Teilhard de Chardin, placée en baseline du blog du prospectiviste Philippe Destatte

Rien dans l’univers ne peut résister à l’ardeur convergente d’un nombre suffisamment grand d’intelligence groupées et organisées

Ensuite, sont venues des considérations sur le rayonnement de l’innovation sociale dans L’INNOVATION SOCIALE Principes et fondements d’un concept, d’Emmanuelle Besançon, Nicolas Chochoy, Thibault Guyon

Les changements dont il est question s’articulent alors à plusieurs niveaux. « Ces changements micro (…) génèrent des changements interdépendants méso et macro à travers le co-développement des normes et des innovations sociales compatibles avec un développement durable » Les changements escomptés sont donc multi-niveaux ; ils vont cibler :

  • les individus, soit les conditions de vie et modes de consommation ;
  • les organisations, soit les modes de production ;
  • le territoire, et nous rajouterions ici les collectivités, soit le modèle de développement local

et viser plus largement le système global.

Puis en poursuivant l’exploration des ressources produites sur ce sujet, j’ai identifié le wiki Intercoop et plus particulièrement la partie du wiki concernant les dynamiques territoriales de l’innovation sociale. Il y est fait référence à une recherche doctorale cherchant à comprendre les dynamiques territoriales de l’innovation sociale à partir de l’analyse de la capacité créative des réseaux et de leur impact sur le développement des territoires. Le contexte et les objectifs de la recherche sont les suivants :

  1. Comprendre les systèmes d’acteurs et les mécanismes d’hybridation (logiques d’action et ressources) à l’oeuvre ; De quelle manière des acteurs aux logiques plurielles parviennent-ils à dépasser leurs positions individuelles dans un objectif commun ?
  2. Analyser la mobilisation des ressources territoriales et réticulaires (outils, compétences, moyens) ; Dans quelle mesure les acteurs locaux interagissent-ils avec les territoires et leurs réseaux pour faire émerger et pérenniser des innovations sociales ?
  3. Mesurer l’appropriation par les acteurs locaux des modèles de développement humain durable (Inclusion sociale, qualité environnementale, solidarité et utilité sociale).
    Dans quelle mesure l’émergence d’une innovation sociale favorise le développement humain et durable sur les territoires ?

La revue documentation-Sciences de l’information (n° 4, décembre 2012) “Information et territoires. Enjeux, stratégies, dispositifs et acteurs” est venue ouvrir l’horizon de ma représentation des composantes du sujet avec ces points d’entrées :  l’écriture collaborative, les données citoyennes, l’intelligence territoriale, les wiki territoriaux, les archives orales, les données géographiques.

Et récemment Erik Orsena a tenu une conférence à l’ESCEM de Tours sur le thème “Innovation et territoire : le couple gagnant ?”. Ce fut une occasion  de constater l’intérêt pour le sujet.
Mais, si ce soir là, le conférencier a apporté des éléments permettant de comprendre pourquoi il est nécessaire d’innover dans les territoires, par contre, élaborer les co-analyses et la co-définition du “comment” demeure un challenge collectif qui reste intégralement à relever.